Maxime Collins, comme si de rien n’était



Maxime Collins est un jeune auteur québécois dont le roman «Comme si de rien n'était» vient de paraitre chez Transit Éditeur.

Maxime a terminé une maîtrise en création littéraire à l'Université Mc Gill. Il raconte sa vie sur son blogue depuis 1998. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à s’adonner à cet exercice.

En 2002 il publia le roman «Pile ou Face» aux éditions Le Manuscrit en 2002. Un deuxième roman intitulé «Trois Saisons dans le désordre» a suivi en 2004.

En 2005 Maxime Collins part pour Aix en Provence dans le sud de la France pour y poursuivre ses études en littérature.

Enfin, Maxime Collins a aussi publié quelques nouvelles, dont:
•    «Chercher sa vie ailleurs» (2005, revue Lapsus)
•    En avril 2007, il publie l'exercice de style «Le Départ des Eaux», encore une fois dans la revue Lapsus.


Qu'est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans l'écriture d'un blogue ?

Je me suis lancé dans l’écriture de mon blogue en 1999 alors que j’avais 16 ans. Ma première motivation était d’écrire mes sentiments et mes expériences de vie de façon anonyme. À l’époque, je vivais plusieurs questionnements au niveau de ma sexualité. J’ai senti le besoin de me confier à des inconnus, parce que je trouvais trop difficile de parler ouvertement de mon attirance pour les hommes à mes amis ou ma famille. Après quelques mois d’écriture, ce sont les commentaires des lecteurs de mon blogue qui m’ont poussé à continuer à écrire. Encore aujourd’hui, mon blogue fait partie de ma vie, mais maintenant, je ne suis plus anonyme, ce qui est parfois difficile, car il faut faire un peu plus attention à ce que l’on écrit !

Quel apport votre blogue apporte-t-il à votre travail en tant que romancier ?

Au départ, mon blogue a été le moteur de mon travail de romancier. Plusieurs lecteurs m’ont écrit pour me dire que je devrais faire un roman avec tout ce que je racontais dans mon blogue. C’est donc ce que j’ai fait, et le résultat a été mon premier livre à compte d’auteur : Pile ou Face. Aujourd’hui, mon blogue me permet souvent de prendre une pause dans l’écriture d’un roman. J’aime y raconter mes démarches en tant qu’auteur, mes projets à venir ainsi que mes doutes sur mon écriture. Je trouve que le blogue m’aide beaucoup à étoffer des réflexions que je reprends dans mes livres.

D’un côté plus humain, mon blogue m’a permis de faire des rencontres décisives dans ma vie. Je serai toujours reconnaissant de ce que m’a apporté l’écriture d’un blogue, car sans ce blogue, je n’aurais jamais autant voyagé; ce qui m’a permis de rencontrer une palette de gens très colorée.

Votre dernier roman «Comme si de rien n'était» est disponible sur iTunes. Croyez-vous que le livre numérique détrônera éventuellement la version papier ?

Je suis un amoureux du livre en version papier et je ne crois pas que je pourrais me passer de tenir l’objet-livre entre mes mains. Même avec les nouvelles technologies comme le « Ipad », je ne crois pas que l’expérience est la même. Mais en même temps, je n’ai rien contre le livre numérique. Si cela peut apporter plus de lecteurs, tant mieux ! Le livre numérique est aussi intéressant pour se faire connaître dans des pays où mon roman n’est pas distribué. Par exemple, des habitants de l’Australie et de l’Italie m’ont contacté pour me dire qu’ils avaient lu mon roman de façon numérique. C’est une bonne façon de se faire connaître par des gens qui n’en auraient peut-être pas les moyens s’ils devaient acheter une version papier. Cela réduit les coûts d’imprimerie et de transport, tout en aidant l’environnement. Or, si on me disait qu’à l’avenir, je ne devrais que publier par voix électronique, je dois avouer que je serais un peu déçu. Pour moi, l’aboutissement d’un travail d’écriture se fait lorsque l’on tient le livre dans ses mains. Rien ne pourra changer le contact physique avec la couverture d’un livre, l’odeur des pages, le simple fait de tourner ou de plier le papier…

Mais il me fait plaisir de participer aux deux versions, car le but final est le même : se faire lire ! Donc, je ne crois pas que le livre en version papier se fera détrôner par le livre numérique. On parle de la mort du roman papier depuis des dizaines d’années, mais au contraire de la musique ou du cinéma, je pense que le livre a une signification plus intime chez une personne, ce qui lui laissera encore de beaux jours devant lui.

Votre dernier bouquin est écrit dans un style cinématographique. Aimeriez-vous que ce dernier livre soit mis à profit pour la télé ou le cinéma ?

Il est évident que ce serait un honneur pour moi de retrouver un de mes livres à l’écran. Il est vrai qu’on m’a toujours dit que j’avais une écriture faite pour le cinéma. Je le prends comme un compliment, car il est vrai que dans ma tête, lors de l’écriture, je visualise des scènes distinctes, comme au grand écran. J’ai d’ailleurs décidé de faire le saut vers le cinéma, et dès septembre, j’irai suivre un certificat en scénarisation à l’université. On dit souvent que la littérature et le cinéma sont deux formes d’écriture totalement différentes. Le défi me plaît. On m’a averti que je devrais « réapprendre à écrire » et cette approche m’intrigue beaucoup !

Votre source d'inspiration est-elle liée à votre expérience ?

Oui et non. Oui, car je me réfère souvent aux propres expériences de ma vie pour m’inspirer les scènes que j’écris. Pour  moi, la meilleure façon de transmettre une émotion ou une réaction est de l’avoir vécue moi-même. Par contre, je ne pourrais pas dire que mes romans sont entièrement autobiographiques, car le traitement de mon imagination change complètement la scène vécue. On pourrait donc dire que je fais de l’autofiction, et cela est très vrai pour mes premiers romans, qui parlaient de bisexualité et de triolisme. Cependant, pour mon livre « Comme si de rien n’était », ce sont surtout les histoires de connaissances et d’amis qui m’ont inspiré. Il m’arrive souvent de tomber amoureux d’un segment de la vie d’une personne qui m’est chère. Avec la permission de cette personne, je plonge dans un univers inconnu, mais je peux le maîtriser, car je m’inspire de quelqu’un que je connais.

Quels récits ou quels auteurs ont le plus influencé votre imaginaire ?

L’auteur qui m’a le plus influencé est un écrivain autrichien qui s’appelle Stefan Zweig. Il a toujours écrit de courts romans ou de courtes nouvelles où l’intrigue et la tension se situaient surtout dans la psychologie des personnages. Cet auteur possède un talent particulier : le mot juste. Au lieu de se perdre dans de longues digressions littéraires, Zweig se concentre sur l’essentiel en peu de mots, mais ce sont les mots justes, et je trouve fantastique qu’en lisant un de ces livres, on ne puisse pas changer une seule phrase du texte, car il est si précis et si clair qu’on comprend tout de suite l’émotion du personnage.

Du côté des auteurs plus modernes, j’ai une grande affection pour les romans d’Éric Jourdan. Il sait décrire une relation entre deux hommes d’une façon si simple et si complexe à la fois que je suis toujours bouleversé après la lecture d’un de ses textes.

Du côté québécois, j’affectionne particulièrement les romans de Guillaume Vigneault (surtout « Chercher le vent », qui parle d’un triangle amoureux sous des airs de « road trip ») et de Julie Hivon (« Ce qu’il en reste » est un des livres qui m’a donné le goût d’écrire en tant que Québécois).

Sinon, on dit de moi que mes influences sont très classiques, de Duras à Balzac, en passant par Flaubert et Beauvoir. Ce doit être mes études en littérature qui sont venues jouer dans mon subconscient !

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille présentement sur un autre roman, qui sera beaucoup plus autobiographique cette fois-ci. En fait, j’aimerais revenir sur mon passé (de 16 à 25 ans) pour raconter le parcours de ma vie. Je sens que j’ai encore beaucoup de choses à dire sur les questionnements sexuels que peut se poser un jeune homme dans notre société d’aujourd’hui. Le fait d’avoir été bisexuel durant plusieurs années, puis d’être devenu homosexuel est un cheminement rempli d’embuches et d’interrogations que j’aimerais bien parcourir.

 

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